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Réglementation : lunette thermique et chasse en France

Mis à jour le 2 novembre 2026 · 9 min de lecture · par la rédaction de Lunette Thermique

Réglementation : lunette thermique et chasse en France
Illustration générée par IA.

Rédigé avec l’aide d’outils d’IA à partir de notre catalogue de 79 modèles ; chaque chiffre est recalculé sur les fiches sourcées. La place de l’IA.

En bref

  • Depuis l’arrêté du 30 juillet 2025 (JO du 2 août 2025), le monoculaire et la jumelle thermiques tenus à la main sont autorisés pendant l’action de chasse.
  • La lunette de visée thermique, le clip-on et le monoculaire monté sur une lunette par un adaptateur restent interdits en chasse ordinaire.
  • La visée thermique sur l’arme est réservée aux lieutenants de louveterie et aux agents de l’OFB, dans le cadre d’une opération ordonnée.
  • L’achat et la détention sont libres : c’est l’usage pendant la chasse qui est encadré.
  • Utiliser un appareil monté pendant la chasse est une contravention de 5e classe (jusqu’à 1 500 €, 3 000 € en récidive), avec confiscation et retrait du permis possibles.
  • Sur 110 optiques en vente dans notre catalogue, 56 sont des appareils d’observation tenus à la main.

Ce qui a changé avec l’arrêté du 30 juillet 2025

L’arrêté du 1er août 1986 fixe les procédés de chasse autorisés. Son article 7 interdisait jusque-là tout appareil de vision nocturne, thermique compris, pendant l’action de chasse : sortir un monoculaire en battue était une infraction, même pour regarder.

L’arrêté du 30 juillet 2025 y insère une exception : sont autorisés « les appareils monoculaires ou binoculaires thermiques, à l’exclusion des appareils qui peuvent être mis en œuvre sans l’aide des mains dont les monoculaires équipés d’un adaptateur leur permettant d’être fixé sur une lunette de tir ». Le critère n’est ni la marque, ni la résolution, ni le prix : c’est l’usage. Un appareil qui tient seul, sur l’arme ou sur la lunette, sort de l’autorisation.

Le même texte impose une arme transportée non chargée et non approvisionnée, et admet les caméras de tir de 15 cm au plus placées sous le canon. Elles filment le tir, elles ne servent pas à viser.

Ce qui est autorisé : la thermique tenue à la main

Le monoculaire (un oculaire) et la jumelle thermique (deux oculaires) peuvent servir pendant la chasse, dans le respect des règles habituelles : ouverture, horaires du département, plan de chasse, consignes du responsable de battue. Trois usages en profitent :

  • Observer avant le tir : repérer un animal dans le couvert, compter une compagnie, distinguer un adulte d’un jeune.
  • Sécuriser la battue : vérifier qu’aucun traqueur, chien ou promeneur n’est dans l’angle de tir.
  • Rechercher après le tir : retrouver un animal grâce à sa signature thermique, avant l’éventuel conducteur de chien de sang.

Notre catalogue compte 45 monoculaires (prix médian relevé 1 690 €) et 11 jumelles (prix médian 3 499 €). 9 monoculaires sont relevés à 1 000 € ou moins. Voir le classement des monoculaires.

Ce qui est interdit : tout appareil monté

Restent interdits pendant l’action de chasse ordinaire : la lunette de visée thermique, le clip-on fixé devant ou derrière une lunette de jour (même démonté entre deux tirs), le monoculaire monté par un adaptateur sur une lunette de tir (cité par le texte ; posséder l’adaptateur n’est pas interdit, l’utiliser monté l’est) et tout support mains libres qui fait de l’appareil une aide directe au tir.

Repérer à la main puis tirer à la lunette de jour est légal si la visibilité permet d’identifier la cible avec l’optique de tir. Tirer à travers un appareil thermique ne l’est pas, hors cadres dérogatoires. Le SNAFAM résume la frontière de la même façon et publie une lecture dédiée aux appareils à intensification de lumière, que le texte ne nomme pas.

Les cadres dérogatoires : louveterie, loup, sanglier

Lieutenants de louveterie et agents de l’OFB. Ils interviennent sur ordre de l’administration (battues et tirs administratifs). L’arrêté préfectoral qui ordonne l’opération fixe leurs moyens et peut prévoir le tir de nuit et le matériel adapté.

Tirs de défense contre le loup. L’arrêté du 21 février 2024 autorise les dispositifs de repérage thermique pour les tirs de défense, mais réserve « l’utilisation de lunettes de tir à visée thermique » aux seuls lieutenants de louveterie et agents de l’OFB. Un éleveur ou un chasseur peut repérer à la thermique, sans tirer à travers.

Arrêtés préfectoraux sanglier. L’arrêté du Cher du 8 avril 2024, qui permettait aux exploitants de tirer de nuit avec une visée thermique, a été annulé sur ce point par le tribunal administratif d’Orléans le 5 mars 2026 : un préfet ne peut pas élargir les moyens interdits par l’arrêté ministériel. D’autres départements ont encadré un tir de nuit sous le contrôle du lieutenant de louveterie, à titre temporaire. Un tel arrêté ne vaut que pour les personnes, espèces, lieux et dates qu’il désigne.

Achat et détention : libres

Ni la lunette thermique, ni le monoculaire, ni le clip-on ne sont classés comme armes en France : achat et détention sont libres, sans déclaration. Transporter un appareil dans son sac n’est pas une infraction ; un clip-on monté sur l’arme pendant la chasse en est une. Hors chasse, l’appareil reste utile : observation de la faune, recherche d’un chien égaré, surveillance d’une propriété.

L’emploi d’un procédé prohibé est une infraction au Code de l’environnement, constatée notamment par l’OFB et la gendarmerie : les peines encourues sont détaillées dans la section suivante.

Contrôles et sanctions

Qualification de l’infraction. Utiliser pendant l’action de chasse un appareil que l'arrêté du 30 juillet 2025 n’autorise pas, c’est-à-dire une lunette de visée thermique, un clip-on ou un monoculaire fixé sur la lunette de tir, revient à chasser avec un instrument prohibé. L'article R428-8 du Code de l’environnement (version en vigueur depuis le 18 septembre 2023) punit de l’amende des contraventions de la 5e classe le fait de « contrevenir aux dispositions législatives et réglementaires relatives à l’emploi de modes, de moyens, d’engins ou d’instruments pour la chasse du gibier » (3°), ainsi que le fait d’être trouvé muni, hors de son domicile, d’instruments de chasse prohibés (7°). Le même article vise la chasse de nuit hors des cas autorisés (1°), ce qui concerne directement l’affût nocturne au sanglier.

Peines encourues. Une contravention de 5e classe est punie d’une amende de 1 500 € au plus, portée à 3 000 € en cas de récidive (article 131-13 du Code pénal). Le tribunal peut y ajouter la confiscation de l’appareil ayant servi à l’infraction et, au titre des articles L428-14 et suivants du Code de l’environnement, le retrait du permis de chasser avec interdiction d’en solliciter un nouveau pendant cinq ans au plus. Le cas devient un délit quand les circonstances s’additionnent : l'article L428-4 punit de trois ans d’emprisonnement et de 30 000 € d’amende le fait de chasser à la fois de nuit ou en temps prohibé, sur le terrain d’autrui ou en réserve, avec des engins prohibés et en étant armé. Un tir de nuit sur un territoire où l’on n’a pas le droit de chasse, à travers une lunette de tir thermique, réunit ces éléments.

Qui contrôle. Les inspecteurs de l’environnement de l’Office français de la biodiversité (OFB) sont les premiers agents de la police de la chasse : ils contrôlent permis, validation, armes et matériel sur le terrain, de jour comme de nuit, et dressent un procès-verbal transmis au procureur. La gendarmerie, les gardes particuliers assermentés et les lieutenants de louveterie peuvent aussi constater les infractions. Avec la diffusion des optiques thermiques, l’OFB et plusieurs fédérations départementales des chasseurs ont rappelé ces derniers mois que l’assouplissement de 2025 ne vise que les appareils tenus à la main. En pratique, lors d’un contrôle, l’agent regarde où se trouve l’appareil : dans la main ou dans le sac, il est conforme ; monté sur l’arme ou sur la lunette de jour, il ne l’est pas.

Bon réflexe. En battue ou à l’affût, gardez la thermique à la main ou en bandoulière, l’arme déchargée pendant les déplacements, et conservez la notice ou la référence de l’appareil pour montrer qu’il s’agit d’un appareil d’observation. Le choix d’un monoculaire thermique autorisé à la chasse évite toute ambiguïté : il n’a ni réticule, ni rail de fixation sur l’arme.

Et les jumelles thermiques ?

Le texte de 2025 parle d'« appareils monoculaires ou binoculaires thermiques » : les jumelles thermiques sont donc autorisées pendant l’action de chasse, exactement comme le monoculaire. Le régime est le même : tenues à la main, elles servent à observer, à sécuriser l’angle de tir et à rechercher un animal blessé. La seule exclusion est la même aussi : un appareil qui peut être mis en œuvre sans l’aide des mains sort de l’autorisation. Une jumelle posée sur un support fixé à l’arme, ou utilisée comme aide directe au tir, retombe dans le cas de l’instrument prohibé.

Ce qui change entre les deux, c’est l’usage et le budget, pas le droit. Les deux yeux ouverts, la jumelle fatigue moins lors des longues observations à l’affût et donne une meilleure lecture des volumes ; le monoculaire est plus léger, se range dans une poche et se manie d’une main en battue. Notre catalogue compte 11 jumelles thermiques en vente (prix médian relevé 3 499 €) contre 45 monoculaires (1 690 €). Beaucoup de jumelles intègrent un télémètre laser : c’est autorisé, la mesure de distance restant une fonction d’observation tant que l’appareil n’est pas monté sur l’arme.

À l’inverse, une lunette de tir thermique reste interdite en chasse ordinaire, quelle que soit sa forme : ce n’est pas le nombre d’oculaires qui compte, mais le fait que l’appareil serve à viser. Elle relève des seuls cadres dérogatoires décrits plus haut.

Bien choisir au regard de la loi

  • Battue ou affût : un monoculaire de 25 à 35 mm, en 384 px au moins, pour l’observation, la sécurité et la recherche.
  • Mesurer les distances : 22 monoculaires et jumelles du catalogue ont un télémètre laser, toujours tenus à la main.
  • Lieutenant de louveterie ou agent habilité : lunette de visée (37 modèles) ou clip-on (17 modèles), dans le seul cadre de l’opération ordonnée.

Ce guide est une information générale, pas un avis juridique : avant une sortie de nuit, vérifiez les arrêtés en vigueur auprès de la DDT et de votre fédération départementale.

Sources officielles

Textes relus le 6 octobre 2026 ; articles sur les sanctions relus le 2 novembre 2026.

Vrai ou faux

Depuis 2025, on peut chasser avec une lunette de visée thermique. Vrai ou faux ?

Faux. Non : l’arrêté du 30 juillet 2025 n’autorise que les monoculaires et jumelles tenus à la main. La visée thermique sur l’arme reste interdite hors cadres dérogatoires.

Il faut une autorisation pour acheter une optique thermique. Vrai ou faux ?

Faux. Non : achat et détention sont libres. C’est l’usage pendant la chasse qui est encadré.

Un monoculaire thermique peut servir en battue pour la sécurité. Vrai ou faux ?

Vrai. Oui, tenu à la main : vérifier l’angle de tir fait partie des usages ouverts par l’arrêté de 2025.

Notre sélection pour ce sujet

Tirée en direct du catalogue : Les monoculaires d’observation pour repérer le gibier avant de tirer, classés sur l’image, la portée, les fonctions et l’autonomie.

1Pulsar Telos LRF XT50, photo du fabricant

Pulsar

Telos LRF XT50

  • Capteur1 280 px
  • NETD40 mK
  • Détection2 300 m
  • Autonomie8 h

Limite : Le prix est le plus élevé de toute la gamme Telos testée ici.

7,6/108e ex aequo sur 1384 000 à 5 000 €Voir sur Amazon
2Hikmicro Condor 2.0 CQ50L, photo du fabricant

Hikmicro

Condor 2.0 CQ50L

  • Capteur640 px
  • NETD15 mK
  • Détection2 600 m
  • Autonomie6,5 h

Limite : Modèle le plus lourd et le plus cher de toute la gamme Condor retenue ici.

7,5/1011e ex aequo sur 1383 000 à 4 000 €Voir sur Amazon
3Thermtec Wild 650DL Pro, photo du fabricant

Thermtec

Wild 650DL Pro

  • Capteur640 px
  • NETD15 mK
  • Détection2 600 m
  • Autonomie6 h

Limite : Poids de 653 g, sensible en approche.

7,5/1011e ex aequo sur 1382 000 à 3 000 €Voir chez Grube
4Hikmicro Condor 2.0 CQ35L, photo du fabricant

Hikmicro

Condor 2.0 CQ35L

  • Capteur640 px
  • NETD15 mK
  • Détection1 800 m
  • Autonomie6,5 h

Limite : Grossissement optique de base limité (1,9x) malgré le capteur 640x512.

7,4/1016e ex aequo sur 1382 000 à 3 000 €Voir sur Amazon

Voir toute la sélection « Monoculaires »

Et vous ?

Pour quel usage cherchez-vous une optique thermique ?

Questions fréquentes

Quelle amende pour une lunette thermique montée sur l’arme à la chasse ?

Chasser avec un instrument prohibé est une contravention de 5e classe (article R428-8 du Code de l’environnement) : jusqu’à 1 500 € d’amende, 3 000 € en récidive, avec confiscation possible de l’appareil et retrait du permis de chasser pendant cinq ans au plus. Si la chasse a lieu en plus de nuit, sur le terrain d’autrui et en étant armé, l’article L428-4 prévoit trois ans d’emprisonnement et 30 000 € d’amende.

Un clip-on thermique est-il autorisé à la chasse ?

Non, en chasse ordinaire : c’est un appareil monté qui fonctionne sans l’aide des mains. Il reste réservé aux cadres dérogatoires.

Puis-je utiliser un monoculaire thermique à l’affût ?

Oui, tenu à la main, depuis l’arrêté du 30 juillet 2025, dans le respect des horaires et des règles de chasse du département.

Qui peut tirer avec une lunette thermique ?

Les lieutenants de louveterie et les agents de l’OFB, dans le cadre d’une opération ordonnée par l’administration, et les personnes visées par un arrêté préfectoral en vigueur qui le prévoit expressément.

La détention d’une lunette thermique est-elle légale ?

Oui : elle n’est pas classée comme arme. Son usage monté sur l’arme pendant la chasse est ce qui est interdit.

Les jumelles thermiques sont-elles autorisées à la chasse ?

Oui, tenues à la main, au même titre que le monoculaire : l’arrêté du 30 juillet 2025 vise les appareils monoculaires ou binoculaires thermiques. Une jumelle montée sur l’arme ou utilisable sans les mains reste interdite.